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N°42 - La psychologie du non-conflit
Aller à l'essentiel
Marie-José Pèpe
enseignante
En descendant les escaliers ce matin, j’ai croisé ma voisine qui m’a dit être très contrariée pour trois raisons : il pleuvait alors qu’elle avait décidé de sortir, le voisin du dessus était passé devant elle sans lui dire bonjour, et elle s’en voulait de ne pas avoir pensé à temps à souhaiter l’anniversaire de sa grand-mère, qu’allait-elle penser d’elle ? Elle était persuadée d’avoir trois bonnes raisons d’être de mauvaise humeur et d'en vouloir à elle-même, aux autres et à la terre entière. Je me suis dit que nous autres humains avions l’art de nous gâcher la vie.
L'être humain est multiple
Nous sommes changeants et constamment en train de réagir aux événements extérieurs. "Chaque pensée, chaque sentiment, chaque sensation, chaque désir, chaque attirance ou répétition constitue un moi. Ces moi ne sont ni coordonnés ni reliés entre eux", déclare un maître du siècle dernier, Gurdjieff, alors que nous avons l’habitude de croire que nous sommes un, un moi solide, homogène, stable, permanent, fiable, un moi qui serait quelque chose d’important, d’unique. Mais si nous sommes attentifs, nous découvrons une multitude bruyante, voire cacophonique, suivant les moments : un moi paresseux cohabitant, mal, avec un moi entreprenant, un moi réaliste s’opposant au moi rêveur, un moi généreux se heurtant à un moi pingre jusqu’à ce que l’un des deux prenne le dessus, un moi peureux écrasant un moi courageux, à moins que ce ne soit l’inverse… Qui va gagner ? On ne sait jamais d’avance ! Nos petits moi se font la guerre, nous sommes des champs de bataille ! Chacun argumente dans notre tête, fournit des justifications intellectuelles auxquelles se mêlent des émotions accompagnées d’attitudes physiques typiques. Tous les petits moi possèdent une personnalité, on pourrait presque les dessiner, tourner un film à leur sujet, on les reconnaîtrait immédiatement en voyant comment ils pensent, ressentent, bougent, quelles attitudes ils prennent. Ces petits moi existent en nous, ils s’expriment toujours en notre nom. Ils se manifestent à travers nos pensées, nos paroles, nos attitudes et nos émotions. Et quand ils nous habitent, ils prennent toute la place. Mais, parce qu’habituellement nous sommes identifiés (nous nous prenons pour eux), nous ne voyons pas le jeu qu’ils jouent avec nous, nous ne voyons pas qu’il s’agit de véritables personnages qui nous habitent. En permanence, nous passons d’un moi à l’autre, d’un rôle à l’autre selon le champ relationnel dans lequel nous nous inscrivons, nous croyons même décider de jouer les rôles que nous jouons, alors qu’ils s’imposent mécaniquement. Nous nous sommes construits une image idéalisée de nous-mêmes que nous entretenons inconsciemment, nous sommes aveugles à la plupart des défauts qui pourraient saper cette image égotique : on peut se croire généreux parce qu’on offre un joli cadeau à un proche, mais on ne voit pas que, quand on prétexte le manque de temps pour donner un coup de main, on manque de générosité...
L'être humain se prend pour Dieu
L'être humain est coupé des autres
Alors qui sommes-nous en réalité ?
Un vrai moi ?
Apprendre à observer
Observer aussi les autres
Contacter son essence