L'état des lieux
Il en va des conflits familiaux comme des niveaux d’origine de tous les problèmes et troubles de santé. Tout comme il est absurde de penser qu’un problème physique n’a qu’une seule origine (et donc qu’il n’existe qu’un seul moyen de le traiter), il est illusoire de penser régler les conflits intra-familiaux en utilisant une seule technique, même la plus intelligente. Il existe une vision holistique des conflits, tout comme il existe une vision holistique des problèmes, du moins si l’on adhère à la vision d’une médecine respectueuse de l’être humain. La vision systémique nous éclaire sur la complexité des rapports humains, mais nous donne aussi des voies d’accès à une meilleure compréhension, ainsi que des outils pratiques pour sortir de ce qui nous enferme et nous fait souffrir dans nos relations proches.
Le conflit : d’abord intérieur
Une histoire de conscience
Le bien et le mal n’ont rien à voir avec les notions de bonne ou de mauvaise conscience. Il y a le conflit qui laisse un goût de mauvaise conscience, et celui dans lequel nous avons bonne conscience… Exemples : dire du mal de la tante Gertrude, et ne jamais l’inviter comme si elle n’existait pas, nous laisse une bonne conscience, quand c’est conforme à la règle familiale qui a décidé que tante Gertrude était une “mauvaise” tante. Selon Bert Hellinger, l’un des grands experts contemporains du travail systémique, la conscience n’a pour seule fonction que de réglementer notre appartenance au groupe. Notre survie dépend des personnes qui nous sont proches dès notre naissance. Cette communauté a des règles précises quant à ce qui est juste ou faux, bien ou mal, beau ou laid, désirable ou méprisable, permis ou interdit. Notre conscience est un censeur qui fait le tri ensuite entre ce qui est toléré et ce qui doit être rejeté. L’enfant intègre ces lois familiales et en fait son cadre de références. Mais il va être amené, au cours de son existence, à se lier à des personnes qui ont d’autres cadres de références. Les compromis vont devenir inéluctables à un moment donné. Pour qu’une relation existe, il faut renoncer à certaines de ses convictions et intégrer une partie de celles d’un autre. L’élargissement de notre horizon est inévitablement lié à l’expérience de la culpabilité et de l’infidélité. Nous rencontrons là une situation de double contrainte que connaît tout individu dans sa vie relationnelle. Il est impossible de faire ce qui est “juste”. Quoi que nous fassions, il faudra en payer le prix. L’enfant fidèle et obéissant ne peut se permettre de perdre son appartenance. Parallèlement, nous avons besoin de nous développer en tant qu’individu, et de voir et accepter notre besoin d’autonomie, de trouver et de prendre notre place dans le système. Déchirés entre ce besoin d’autonomie et notre besoin d’appartenance, nous entrons en conflit avec nous-mêmes et avec les autres dans un deuxième temps, comme une tentative de réconcilier ces deux besoins qui semblent tellement opposés. Cette problématique d’un équilibre entre besoin d’appartenance et autonomie, se retrouve ensuite tout au long de la vie : dans la vie de couple où j’ai peur de perdre l’autre dès qu’il a des besoins différents des miens, ou alors je ne me permets pas de prendre du temps pour moi de peur de voir le couple disparaître. Alors, le conflit éclate en moi, et en dehors de moi ; je n’ose pas affirmer ce que je veux ou ce que je pense, de peur d’être exclu et de ne plus appartenir. Après un temps de refoulement, j’explose et je cherche une solution dans le conflit ; je pose des actes que je réprouve moimême afin de continuer à appartenir. En famille, je peux dire du mal de quelqu’un avec les autres, et entretenir un conflit, pour ne pas me sentir à part et me faire rejeter.
La conscience morale individuelle
La conscience morale systémique
Respect de l’appartenance
Et l’amour ?
La conscience morale supérieure : des relations apaisées
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