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N°42 - La psychologie du non-conflit



Retour à l'unité

Entrer en conflit, pour un être humain, est un essai désespéré de retrouver sa propre unité

Idris Lahore
psycho-anthropologue


Celui qui voudrait évoluer sur le plan spirituel le plus rapidement possible devrait décider pour lui-même de ne jamais manifester envers les autres d’émotions négatives, ni entrer en conflit. Tel est même le premier principe des Ecoles de Sagesse : il est plus important que tout ce qu’on peut imaginer, le seul qui permette d’accéder de façon directe à l’unité intérieure. L’être humain entre en conflit parce qu’il est divisé intérieurement, et il projette cette division intérieure sur le monde et sur les autres. Si on regarde de plus près, on se rend compte qu’entrer en conflit, pour un être humain, est un essai désespéré de retrouver sa propre unité, mais la technique du conflit est tout à fait inadaptée : elle est le fait des ignorants et d’un niveau d’évolution et d’être relativement bas. Il faut tout faire pour résoudre les conflits.

L’égocentrisme, la source des conflits

Résoudre ses conflits est très difficile, mais la manière existe et, au fond, elle est très simple. Difficile parce qu’on ne veut pas vraiment l’appliquer : il s'agit d'arrêter toute forme de "considération intérieure", c’est-à-dire d'arrêter de se soucier exclusivement de soi, des avantages égoïstes qu’on veut tirer d’une personne ou d’une situation, et simplement pratiquer la considération extérieure, qui consiste à se poser la question : "Qu’est-ce qui est bon pour l’autre ou pour la situation ?". Il est recommandé évidemment de poser cette question à propos de ceux avec qui on est en conflit. Arrêter de se soucier de ses propres intérêts est impossible pour les névrosés, qui font tout tourner autour d’eux, et impossible pour les enfants, qui ont encore besoin de recevoir de l'attention et de consolider leur ego. Si l'on est dans un état névrotique ou infantile, immature, toute l’énergie doit aller dans le dépassement de cet état. Le travail le plus important à faire alors est de supprimer de sa vie, non pas tous les avantages qu’on peut tirer pour soi puisqu’il faut profiter de la vie, de ses beautés, de sa bonté, de tout ce qui existe et de tout ce qui est offert mais tous les avantages qu’on veut tirer pour soi et qui conduisent à l'insatisfaction et au conflit. On peut s’y entraîner, c'est un chemin à parcourir, mais l'effet principal en est que les situations autour de soi s’assainissent de plus en plus, parce qu’on devient soi-même beaucoup plus harmonieux.

La plus grande perte d’énergie

Si l'on n’applique pas le principe de base qui consiste à "ne jamais entrer en conflit" sous quelque prétexte que ce soit, tout le reste du cheminement spirituel est relativement difficile, et conduit à des désordres dans tous les autres domaines. Si l'on construit sur une base non conflictuelle, tout devient plus facile. C’est pourquoi il faut d’abord régler tous les problèmes conflictuels qu’on porte en soi et qui, secondairement, se manifestent avec les autres parce qu’on n’accepte pas les autres comme ils sont, parce qu’on se trouve inférieur ou supérieur, parce qu’on poursuit ses propres raisons égocentrées, on pense qu’on est soi-même plus important que l’autre : telles sont les causes des conflits. Si vous êtes en conflit avec quelqu’un, réconciliez-vous d’abord intérieurement, puis extérieurement si c’est possible, car ceci est la plus grande source (95%) de perte d’énergie pour l'être humain. Sur un chemin d’évolution intérieur, ce sont ces 95% qui vont manquer dans toutes les autres pratiques, toutes les autres attitudes. Les conflits sont basés sur la non acceptation de l’autre, le sentiment d’infériorité, de supériorité, la compétition, la comparaison, l’envie, la jalousie : que de l’énergie perdue ! Certains ne s’en sortent jamais, parce qu’ils ne savent pas qu’il faut d'abord sortir du conflit.

Sortir du karma

En fonction de la qualité du travail que vous faites sur vous, notamment sur le nonconflit, les événements qui vous arrivent sont de nature différente. Le destin est écrit, mais de façon particulière, il comporte un éventail de possibilités, et la différence est grande entre la meilleure et la moins bonne... Quand on décide définitivement de ne plus entrer en conflit, on entre par exemple beaucoup plus dans le karma des mérites (on récolte les fruits de ce qu'on a semé de bon) et non plus dans le karma de la compensation (on répare ce qu'on a fait de préjudiciable). La situation arrive de façon identique, mais l'un en souffrira et l'autre traversera facilement : c'est le même événement, mais vécu totalement différemment selon la ligne karmique sur laquelle on se situe... et qui dépend uniquement du travail qu'on aura fait. De plus, ce qu'on décide de faire a un effet immédiat : celui qui a des attitudes nobles est déjà dans un état meilleur. On peut dire qu'il est déjà, tout de suite, au paradis et donc, le changement, c'est tout de suite. Pas seulement après la mort ou dans une autre vie. On passe vraiment d'un monde à un autre selon l'état intérieur qu'on choisit d'adopter et on a par voie de conséquence des expériences totalement différentes...

Mon conflit et le reste du monde

Conscience du monde

Si l’autre entre en conflit

Pardonner ou accepter ?

Le sourire, ce don aux autres

Pour en savoir plus : http://www.libre-universite-samadeva.com