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N°34 - Quels risques pour demain ?
Silence et immobilité
Deux clés pour la connaissance et la transformation de soi
Pascale Ash
élève de la 4e Voie, auteur
Pourquoi cet article ?
En lisant l’interview accordée par Monsieur Jean-Marie Pelt et publié dans ce numéro (voir article précédent), j’ai été étonnée qu’il propose, entre les lignes et comme solution possible à notre situation, de "se taire". Ceci m’a rappelé quelques principes fondamentaux que j’ai été amenée à découvrir et à présenter dans mes livres, et j’ai eu envie d’approfondir encore le sujet…
Se taire : ceci évoque pour moi le fait d’être tout à fait présent à ce qui se passe extérieurement, et de décider consciemment, volontairement, de rester dans le silence plutôt que d’en rajouter, de se mettre en avant, de nourrir le conflit ou la vanité ou que sais-je encore. Les exercices de silence et d’immobilité sont non seulement un travail fondamental dans le développement spirituel, ils sont également un magnifique outil de développement personnel, permettant à chacun de devenir plus sensitif, plus vivant, plus passionné, plus ouvert. D’ailleurs, selon Selim Aïssel, par exemple : "Seule l’immobilité conduit à l’ouverture réelle de l’esprit et du cœur. En même temps, elle est un parfait exercice pour retrouver la santé et l’équilibre, à la fois physique et psychologique…"
A l’affût de ce qui va bouger
L’immobilité se pratique, s’acquiert et s’approfondit notamment au niveau physique, évidemment, mais aussi aux niveaux émotionnel et intellectuel. Beaucoup de gens comprennent aisément ce que signifie l’immobilité physique, qu’ils traduisent tout simplement par "ne pas bouger", mais ils ne comprennent pas ce que peut être l’immobilité émotionnelle ou l’immobilité intellectuelle. Il s’agit là aussi de "ne pas bouger", ou plutôt, d’être très présent, très attentif, comme à l’affût de ce qui va bouger physiquement, émotionnellement ou intellectuellement.
L’immobilité physique, c’est effectivement rester sans bouger, du moins chaque fois que la situation extérieure le permet ; il ne s’agit pas de se transformer en statue lorsqu’on se trouve en compagnie de ses collègues de travail, de sa famille ou de ses amis, qui ne manqueraient pas de téléphoner au SAMU... On peut néanmoins pratiquer l’immobilité physique à des moments ou dans des lieux appropriés, pour un laps de temps donné, par exemple pendant une méditation d’une vingtaine de minutes. L’immobilité physique, c’est également faire tous les gestes qu’on a à faire en y étant attentif, en en étant conscient, et c’est éviter tous les gestes inutiles, ou mécaniques comme pianoter sur un coin de table, rouler une mèche de cheveux autour de ses doigts, suçoter son crayon... Enfin, c’est également se taire, rester silencieux, faire un jeûne de paroles ou, pour le moins, éviter les paroles inutiles, néfastes, vides… (la parole est associée au corps physique par le "centre du mouvement" dont parlent notamment les maîtres de la 4e Voie).
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