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N°13 - Partenaire et ami(e)
Violences conjugales
Mireille Charles
La violence conjugale a toujours existé, sous diverses formes, à toutes les époques. Au temps des Romains, un mari avait droit de vie ou de mort sur son épouse, comme sur ses esclaves. Tous les hommes, quels que soient leur ethnie, leur statut social, leur âge ou leur revenu, peuvent un jour recourir à la violence pour dominer ou contrôler leur conjointe. Cette forme d'abus de pouvoir n'est pas le lot d'une classe défavorisée ou de certaines catégories de gens, comme on le croit trop souvent et personne n’est à l'abri, aucune femme, aucun enfant ; les hommes aussi parfois mais cela demeure exceptionnel. Pour les femmes de 16 à 44 ans, la violence conjugale serait la principale cause de décès et d'invalidité avant le cancer, les accidents de la route et la guerre, selon des statistiques citées par un rapport du Conseil de l'Europe. Selon les pays, de 20 à 50% des femmes sont victimes de violences conjugales. Coups de poing ou gifles, blagues humiliantes ou menaces verbales, cette violence endosse plusieurs formes mais elle est très particulière : elle ne surgit pas au hasard, entre étrangers, et s'exerce toujours dans le cadre d'une relation privilégiée. Cet homme et cette femme sont mariés, ils ont des enfants... À une extrémité, il y a la menace ; à l'autre, la mort. Entre les deux, une foule de comportements quotidiens, depuis les coups superficiels jusqu'aux blessures graves en passant par la violence verbale, psycho- logique et sexuelle. De tous les abus dont elles sont victimes, c'est la violence sexuelle que les femmes reconnaissent et admettent le moins facilement. Sans doute parce qu'elle ébranle les fondations mêmes des relations hommes/femmes dans une société où la sexualité, même tabou, définit l'essence des conditionnements masculins et féminins. Se faire violer atteint une femme plus profondément dans ce qu'elle est comme femme que se faire casser deux côtes.
Quel est son impact ?
Comment s'explique-t-elle ?
... Comment y mettre fin ?
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