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N°27 - Choisir d'aimer
L'amour de la mère
Se réconcilier avec sa mère est pour chacun
le passage obligé du retour vers l’amour véritable
Coline d’Aubret
formatrice de médiateurs en systémie
L’amour des mères
Auditrice : Il y a une dizaine de jours, je suis allée voir mes parents et j’observais ma mère qui était un peu agitée, un peu négative, un peu chaotique. Quelques jours après, j’étais moi-même dans cet état.
Moi, quand je regardais ma mère, ce n’est pas ce que je voyais. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir une mère comme celle que je vais vous décrire, mais à un endroit, cela y ressemble quand même. Quand je regardais ma mère, je voyais tout l’amour, tout le dévouement, tout le temps, qu’elle avait donnés pour moi, toute la souffrance qu’elle avait vécue pour moi, et je trouvais cette femme admirable, ce qui ne m’empêchait pas de voir ses défauts et tous les autres problèmes de sa vie. Ma mère a séjourné dans des camps de concentration nazis, elle m’en parlait parfois et je me souviens lui avoir demandé si ces camps avaient été la plus grande souffrance de sa vie. Elle avait répondu non, en ajoutant : “La plus grande souffrance de ma vie, c’est quand l’un de mes enfants souffre…”. Voilà la réalité que vivent les mères, toutes les mères et qu’elles arrivent ou non à le dire ou même le penser et le ressentir n’est pas vraiment important. Cet amour est une réalité pour l’âme d’une mère. Même si elle a rejeté ses enfants, sa souffrance est la souffrance de son âme. Quand on sait qu’il en est ainsi dans l’âme des mères, on change d’attitude, on se dit qu’on peut arrêter de s’infliger des souffrances à soi-même, et de lui en infliger à elle, avec ses reproches, ses regrets, ses colères, ses insatisfactions à propos de tout ce qu’on aurait voulu qu’elle fasse ou ne fasse pas. On commence à la regarder pour ce qu’elle nous a donné, et pas pour ce qu’elle n’a pas pu nous donner.
Ce qu’aucune autre femme n’aurait pu faire