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N°35 - l'Avenir de l'Homme
Quelle médecine pour demain?
Vision globale, inclusion, coopération
Dr Clara Naudi
A la fin de mes études, lors de mon premier remplacement médical, je me trouvai face à un homme qui avait une plaie superficielle. Ne trouvant pas la boîte à sutures dans le cabinet, je lui dis : “Je ne trouve pas les fils, je vais vous mettre une suture collante”.
A la fin de la consultation, le médecin, qui était dans la pièce à côté et avait tout entendu, m’appela et m’énonça avec force cette phrase : On dit : “Votre plaie ne nécessite pas de points de suture, je vais vous mettre une suture américaine”.
D’abord ne pas nuire
Ce fut mon premier contact avec le pouvoir de la parole en médecine. Certes, chacun peut prendre cette phrase au niveau d’une technique de communication, destinée à sauver la face. Pour moi, ce fut le premier pas sur un long chemin. Plus de trente ans plus tard, elle résonne encore à l’aphorisme d’Hippocrate : “Primum non nocere”, d’abord ne pas nuire.
Elle résonne aussi aux fondements de toute véritable médecine : le médecin est l’instrument qui doit permettre au malade de mobiliser ses propres forces de guérison. Pour cela, il convient d’agir (ou de se taire) afin que le patient ressorte du cabinet dans sa force, alors qu’il y est entré dans la faiblesse, l’angoisse et le doute. Le médecin ne doit pas affaiblir le malade par des mots porteurs de ses propres doutes, de ses propres angoisses, de son propre manque d’attention.
Médecin, malade et maladie forment un système
Approche systémique
En m’adressant à ce blessé, j’avais oublié de penser à l’effet que mes paroles auraient sur lui. C’est la première leçon que nous pouvons tirer, nous, médecins et soignants, de nos erreurs de communication. Nous oublions que le malade, le médecin et la maladie forment un ensemble, un système, et que chacun a une influence sur les deux autres.
Ce que dit ou pense le médecin, ce que dit ou pense le malade, y compris leurs schémas de pensée inconscients, va influencer l’autre, et pourra influencer le cours de la maladie.
La suite dans la revue n°35