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N°35 - l'Avenir de l'Homme
La psycho-anthropologie et son rôle dans le monde
Psychologie, philosophie et spiritualité
Idris Lahore
psycho-anthropologue
Interview Maya Ollier
(Suite et fin de l’article qui terminait le numéro précédent de Science de la Conscience).
L’un des grands principes de la psycho-anthropologie est qu’avant de vouloir changer le monde, il faut d’abord essayer de se changer soi-même, et donc, avant de militer pour la paix dans le monde, il est d’abord nécessaire de faire la paix en soi.
Un autre grand principe est le constat que l’être humain est naturellement limité (la science dit bien que l’homme ne fonctionne qu’avec 10% de son cerveau) : s’il veut évoluer au-delà de ce degré d’incomplétude, il doit dépasser les limites que la nature lui a fixées. Il lui faut pour cela faire quelque chose.
Changer d’état de conscience
Selon vous, donc, la possibilité pour l’être humain de dépasser ses limites est bien réelle. Comment ?
Il existe chez l’être humain un certain nombre d’états de conscience différents. Le degré de conscience le moins élevé est l’état d’inconscience, celui du sommeil (malgré les variations de conscience qu’il peut comporter), de l’anesthésie ou de certains comas. L’état suivant est ce que la psychologie habituelle nomme la conscience de veille, qui n’est pas en réalité un état de conscience réel, mais plutôt un état d’inconscience un peu plus évolué puisque si, dans cet état, nous sommes habituellement capables de ressentir à la fois le monde extérieur et nous-mêmes, nous avons tendance à perdre la conscience des autres et du monde lorsque nous fixons notre conscience sur nous. De la même façon, lorsque nous prenons réellement conscience du monde ou des autres, ou que nous entrons dans une activité, nous perdons la conscience de nous-mêmes. Ce que nous appelons habituellement la conscience de veille est donc en réalité une forme de demi-sommeil : nous sommes endormis, soit aux autres, soit à nous-mêmes. Nous croyons être éveillés, nous ne le sommes pas réellement.
La conscience de veille est en réalité une forme de demi-sommeil
Tels sont les deux états de conscience que connaît l’homme ordinaire. La science spirituelle et la psycho-anthropologie nous enseignent qu’il existe un autre état de conscience, habituellement inconnu de l’homme ordinaire, qu’elles appellent la conscience de soi, et qui se caractérise par une conscience à la fois de soi et du monde extérieur sans qu’il y ait de séparation entre notre observation du monde et de nous-mêmes. Alors qu’au stade précédent, nous étions conscients soit du monde extérieur, soit de nous-mêmes, ici notre conscience s’est élargie et devient capable d’intégrer dans la connaissance de nous-mêmes celle du monde extérieur ou de l’autre. Ceux qui pratiquent des méthodes comme la méditation ou le rappel de soi savent qu’il est possible à certains moments d’entrer dans cet état de conscience, mais qu’on ne peut pas y rester longtemps. Chacun peut en faire l’expérience dans l’instant, en étant conscient de soi physiquement, de la façon dont on est assis, de ce qu’on ressent, de ce qu’on pense, en essayant en même temps de suivre ce qu’on est en train de lire et en ayant la conscience de ce qui se passe autour de soi. On se rend compte que, très vite, soit on perd le fil de ce qu’on lit parce qu’on est trop concentré sur soi, soit on se perd soi-même dans l’attention qu’on porte à ce qu’on est en train de lire…
La suite dans la revue n°35