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N°27 - Choisir d'aimer
Voyages de l'âme à travers les vies
Le retour à l’Amour
ou le voyage de l’essence à travers les âmes
Selim Aïssel
Maître de la 4e Voie
Dans toutes les traditions véritables, on représente le voyage de l’essence à travers la vie (un voyage intérieur, puisqu’à partir du moment où elle prend contact avec le corps physique, elle est prisonnière de ce corps) par un schéma qu’en réalité, seul celui qui a fait ce voyage peut réellement comprendre.
La formation de la personnalité
Nous considérerons qu’à la naissance, une essence de nature supérieure entre dans la sphère terrestre en s’introduisant dans le corps physique de l’être humain, un corps composé d’un centre physique, d’un centre émotionnel et d’un centre intellectuel. Une fois entrée dans le corps physique, l’essence connaît rapidement une deuxième étape de développement, celle de la formation de la personnalité. Cette personnalité, qui est faite essentiellement de notre caractère, notre tempérament, notre façon de ressentir et de penser, est formée par tous les conditionnements, bons ou mauvais, que nous avons subis, ou contre lesquels nous avons réagi, parfois même quand ils étaient bons.
L’âme de désirs
Selon toutes les spiritualités véritables, cette personnalité est composée de trois âmes. La première, l’âme de désirs, est pleine de désirs physiques, émotionnels et intellectuels liés à la nature matérielle de l’être humain. Même lorsqu’elle s’intéresse à l’art ou à la science, il s’agit encore d’éléments issus du développement des centres émotionnel ou intellectuel, elle reste donc attachée à ce qui est matériel et terrestre ; aussi est-elle marquée du sceau de l’inférieur et caractérisée par l’égoïsme, même s’il se cache parfois sous des apparences altruistes : on est gentil avec quelqu’un, mais le moteur réel est le désir d’être aimé. Cherchez une chose que vous ne faites pas pour vous, cherchez-en une seule, vous serez en mal de la trouver.
L’âme morale ou blâmante, celle qui fait les saints
Ce qui pousse à faire du bien aux autres est l’âme morale; peut-être le “surmoi” des psychologies. Les soufis l’appellent l’âme blâmante, celle qui dit : “Pense un peu aux
autres…”, ou bien : “Pense à ce qui est bien, beau, vrai, juste. Peut-être y trouveras-tu une satisfaction suffisante, au lieu de ne penser qu’à toi.” Bien que cette âme morale n’ait pas sa source dans la nature matérielle de l’être humain (elle n’est pas liée à l’égoïsme), elle fait encore partie de la personnalité inférieure. Mais les impulsions qu’elle reçoit viennent de l’éducation de l’humanité à travers les âges, des enseignements qui lui ont été apportés pour la sortir de l’animalité et de la matérialité. Avec le temps, un conditionnement éducatif, social, familial et religieux en est né, qui forme l’âme morale. La plupart des êtres humains se situent entre l’âme de désirs et l’âme morale. Ils ont toutes sortes de désirs et en même temps, une instance morale en eux leur dit : “Ne fais pas cela” ou “Fais du bien, sois gentil”. Comme ces deux âmes sont souvent en opposition, on culpabilise lorsque la première l’emporte, avec une force plus ou moins grande selon l’éducation reçue. C’est à partir de l’âme blâmante que se font les saints des religions. Leur âme blâmante est particulièrement forte et arrive à soumettre complètement les désirs de l’âme inférieure. On peut ainsi devenir un grand saint tout en restant, du point de vue de l’essence, au niveau du conditionnement. Cet aspect est essentiel à saisir pour comprendre la différence entre une religion et un chemin spirituel. Au niveau de l’âme morale, on fabrique des saints, mais pas des essences…
L’âme pacifiée
Lorsque, sous l’impulsion, non pas d’une morale extérieure qui s’impose à elle, mais d’une morale et de principes supérieurs qu’elle comprend et accepte librement, l’essence décide de pratiquer ces principes, elle entre dans la troisième partie de l’âme, l’âme pacifiée ou apaisée. Jusque-là, il y avait eu combat entre l’âme de désirs et l’âme morale, l’une voulant laisser le meilleur morceau au voisin, l’autre voulant tout pour elle … Le jour où les deux sont en paix, l’essence commence à faire l’expérience d’une âme pacifiée. Plus l’être humain est capable de recevoir en lui les impulsions des principes supérieurs (c’est-à-dire de les comprendre et de décider librement, volontairement, de les appliquer), plus l’ensemble de sa personnalité s’apaise, plus les conditionnements tombent et plus il trouve la paix en lui. Lisez la vie des saints, une perpétuelle lutte intérieure entre leur âme morale et leurs désirs inférieurs. Grâce à sa compréhension des principes et à leur mise en pratique, le sage intègre la loi morale supérieure d’une autre façon, ce qui fait que peu à peu, la lutte s’apaise, il est dans l’âme pacifiée. La différence peut sembler mince, mais en réalité, elle est énorme : ce sont deux mondes ! Normalement, sur votre chemin, vous devez tendre de plus en plus à comprendre les principes et à les appliquer, et non plus suivre les lois morales qu’on vous a imposées, qui vous disent ce qu’il faut faire et vous culpabilisent quand vous ne le faites pas. Tant que vous fonctionnez de cette façon, vous êtes dans le conditionnement de l’âme blâmante.